Le 3/02/2009

Energies Renouvelables : l’engagement de la Commission Européenne

anne Houtman

Le 27 novembre 2008, Anne Houtman, directrice de la Direction Générale « Energie – Transport » de la Commission Européenne recevait Biogasmax à Bruxelles pour faire connaître la position de l’Europe vis à vis du biogaz et ses perspectives de développement. Parmi les différents points abordés, il a clairement été établi que la crise actuelle ne remettrait pas en cause le soutien européen aux projets liés aux énergies renouvelables, bien au contraire. Par ailleurs, des initiatives européennes sont en œuvre, notamment dans l’objectif de faciliter les démarches des petites collectivités s’engageant dans le transport urbain propre.


La crise économique et financière actuelle annonce une année 2009 en ralentissement économique. Ce contexte s’accompagne d’un effondrement du prix du pétrole. Des moyens financiers qui s’amenuisent et une énergie fossile « bon marché » pourraient-ils constituer une conjoncture fragile pour les projets liés aux énergies renouvelables nécessitant pourtant le soutien politique et financier européen ?

Anne Houtman s’est montrée très claire sur le sujet. Le prix actuellement très bas du pétrole ne peut être que conjoncturel : lorsqu’il y aura reprise, les pays producteurs de pétrole devront remonter leurs prix pour suivre et répondre à la demande. Il faut donc, bien au contraire, saisir l’opportunité de cette crise pour engager l’Europe dans la voie du développement durable à long terme. Il s’agit de soutenir les politiques de recherche, ainsi que les projets et démonstrations liées aux énergies renouvelables, tout en cherchant à stabiliser et décroître la demande énergétique.

En janvier 2008, la Commission Européenne établissait que toute innovation luttant contre le changement climatique devait être considérée comme une opportunité de croissance économique (Communication du 23.01.08 « 2020 by 2020 - Europe’s climate change opportunity »). Dans une communication du 29 octobre 2008 (« From financial crisis to recovery : A European framwork for action »), la commission confirmait cette position, ajoutant que « poursuivre une économie faible en CO2 constituait une manière de créer de nouveaux emplois et de développer de nouvelles technologies ».

Pour préparer le futur et anticiper au mieux la prochaine relance, il faut donc poursuivre les efforts de développement et l’innovation, les projets de démonstrations et les échanges de bonnes pratiques. L’Europe soutiendra les projets utiles à cette perspective et la Banque Européenne d’Investissement (BEI) n’y fera pas faux bond : « … quand il y a des bons projets, il y a de l’argent », souligne Anne Houtman.

Cette perspective est plus qu’encourageante pour l’avenir du biogaz, dont chacun reconnaît aujourd’hui sa grande marge de progression, tant au niveau des véhicules, qu’il faut rendre plus performants, qu’au niveau des usagers, notamment les gestionnaires de flotte des collectivités locales. Ces dernières ont toutes les raisons d’être séduites par la boucle vertueuse de la production du biogaz qui, non seulement permet de réduire les émissions de CO2 émanant des transports publics, mais apporte en même temps une réponse au recyclage des déchets organiques urbains.

Les petites ou moyennes collectivités locales constituent un potentiel élevé de développement du biogaz-carburant. Mais leur taille peut s’avérer un frein au développement des véhicules au gaz sur leur territoire. Leurs besoins en bus se trouvant limités par rapport aux grandes agglomérations ou métropoles, elles ne peuvent bien souvent espérer de s’équiper de véhicules au gaz. « Un constructeur ne se lance pas dans des petites quantités (…) ou alors propose des prix prohibitifs qui peuvent freiner les élans des petites agglomérations » note Anne Houtman.

Pour y remédier, la Commission européenne lance prochainement un site Internet destiné aux collectivités locales. Ce site permettra à ces dernières de centraliser leurs achats de véhicules propres, de regrouper les commandes et donc d’obtenir des prix plus compétitifs. « Cet outil très attendu est inscrit dans le programme de travail de cette année » souligne Anne Houtman.

Quant à l’harmonisation des normes de véhicules au gaz au niveau européen, Anne Houtman précise que même si le processus est long, le Comité européen de normalisation (CEN) y travaille et devrait aboutir dans les prochaines années à l’émergence de normes communes, ce qui devrait accélérer le développement d’un marché intérieur de véhicules au gaz.

Plus d’informations dans la Newsletter “Biogasmax News” de février 2009

 

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